° Les arts de combat à mains nues, peuvent-être classés en 2 catégories :

- le premier type est celui qui est sublimé dans le sport

            - le second est l’art martial (budo) qui inclut le développement de la vertu. 

° L’ignorance et les interprétations erronées de l’art du to-te (main chinoise) devenu karaté-do

   (la voie de la main vide) ont stimulé l’éclectisme dans les pays ou la culture est différente.

   ° Les valeurs traditionnelles sur lesquelles l’art était basé, ont été ignorées.

° La dimension sportive du karaté est bien trop pauvre.

Groupe Yabiku - Ikaho  (Kobudo)


 

L'ASPECT  CACHE  DU  KARATE - DO

 
                                             Bref rappel historique du style Shotokan  
   

* Tous ceux qui pratiquent le karaté Shotokan Ryu du Japon et qui ont perfectionné cet art avec

    les senseï de la JKA, savent que c’est un karaté “dit moderne” adapté à l’état d’esprit des

    japonais de l’époque, qu’ils pratiquent.

* Le karaté Shotokan est physique et tant vers une pratique plutôt sportive, tout en développant les

    bases fondamentales nécessaires à tout pratiquant. ( travail des hanches - respiration - vitesse -

    puissance - déplacement - posture - regard - concentration - anticipation - etc...)

* L’aspect strict au sens “militaire” est typique du japon de l’époque. Nous savons tous que Maître

    Funakoshi eût beaucoup de difficultés à transmettre l’art du to-te aux japonais.

    Le sentiment anti-Chinois de l’époque contribua au changement des noms d’origine des katas ainsi

    que la forme des katas.

* Le nom de TO-TE (main chinoise) fût changé en KARA TE (main vide).

* Funakoshi n’a pas créer cet art, il pratiqué la forme Karaté Shorin ryu d'Okinawa ainsi que le

   Kobujutsu, et n'était pas d'accord sur la tournure que prenait cette pratique. 

   Ce sont ces 3 fils et Nakayama Sensei qui ont adapté, transformé la forme traditionnelle Shorin ryu

   en forme moderne Shotokan.

                    “Malgré tout, Il peut être considéré comme le père du karaté-do moderne”

* Ce style baptisé “Shotokan” est le nom du Dojo de Funakoshi à Tokyo.

   ( Shoto étant le pseudonyme de Funakoshi et Kan le lieu ).     “ Le lieu de Shoto”.

    En ce qui concerne le style “Shotokaï”, ce sont ses élèves qui créèrent “ l’association de shoto ”.

    Kaï étant l’association.

* Le karaté Shotokan ryu né au Japon est donc la version moderne du karaté traditionnel Shorin ryu

    d’Okinawa dont l’origine est Chinoise.

                   “ Il est donc erroné d’affirmer que le karaté-do shotokan est traditionnel ”.

 

* Dans l’analyse de certains katas, et plus particulièrement dans Jitte, Senseï Nakayama démontre

   dans le livre “Best Karaté n°7” l’application du kata avec un Bô.

* Les Maîtres du karaté Shorin Ryu d’Okinawa, qui sont également de grands experts en Kobudo

   (Bô, Saï, Tonfâ, etc...) affirment que c’est absolument inconcevable de bloquer à main nue un Bô.

   Si l’attaque du Bô est sans vitesse, bien entendu c’est réalisable, mais pas à vitesse réelle.

* Selon eux, les bunkai de kobudo et de karaté ne se mélangent pas.

   Il y a les bunkai de karaté et les bunkai de kobudo.

...........................................................................

 

                                          “ A propos de l’aspect caché du karaté-do ”

 

* L’autre point très important, qui concerne l’aspect véritablement caché du karaté-do, se trouve dans

    l’analyse des katas “les Bunkaï”.

* Dans le karaté Shorin Ryu de Soke Nagamine Takayoshi 10 dan Hanshi, ( décédé le 26 avril 2012 )

    on pratique deux formes de Bunkaï.  " Bunkaï Omote et Bunkaï Ura ".

   Précisons que Soke Takayoshi Nagamine enseignait la forme et l’analyse que son père Maître

    Shoshin Nagamine (ancien élève de Choki Motobu, de Chotoku Kyan, de Ankichi Arakaki ) lui a

    transmis, sans en altérer la moindre technique. C’est donc une forme très traditionnelle,très pure.

* Soke veut dire : Héritier ( Shoshin Nagamine était un grand maitre de karaté ).

 

* Le bunkaï Omote révèle la façade du kata. L’aspect superficiel, la surface du Kata.

 

* Le Bunkaï Ura révèle l’aspect caché du kata. L’intérieur, le sens profond et réel du kata.

    Ce qui n’est pas montrer.

 

* Le bunkaï omote peut-être comparé au kata kumité en Shotokan.  “ Application basique de tous

    les mouvements, à trois, quatre, ou cinq partenaires ” en respectant l’embusen.

 

- Le bunkaï ura est la forme très avancée de l’analyse. D’après les propos de Senseï Nagamine,

   les techniques de blocage dans les katas sont toutes de véritables attaques, des attaques décisives.

- Donc, l’armement du blocage lui seul, serait la technique intermédiaire permettant de bloquer,

   de dévier, de se couvrir de l’attaque.

- D’où l’importance d’un apprentissage et d’un bon développement des armements de tous les

   blocages.

- Il n’y aurait pas de lien entre deux techniques qui se suivent. Elles seraient indépendantes l’une de

   l’autre et sans rapport.

   Exemple : Les 2 premières techniques du kata : Heian Shodan.

        ° Le gedan baraï serait suivi d’une contre-attaque en gyaku zuki très rapide (avec retour

           immédiat du poing) qui n’apparaît pas dans le kata.

        ° l’attaque en oï zuki qui suit, indépendante de la première, est bloquée en taisho shudan pour

           être aussitôt refaite très rapidement (avec retour du poing immédiat) par dessus le bras de

           l’adversaire qui a bloqué.  “ Ceci n’apparaît pas dans les katas, ce n’est pas montrer”

                                       “ C’est l’aspect caché du karaté traditionnel ”

 

Dans certains katas le bunkaï ura est très complexe.

* Nous avons beaucoup à apprendre. Nous ignorons tout du karaté traditionnel.

 

* Si j’écris cela ce n’est pas pour renier ou critiquer ma pratique du Shotokan que je pratique toujours

    avec autant d’intérêt et d’ardeur. Mais, le karaté traditionnel m’apporte une réflexion et une

    meilleure compréhension des techniques des katas Shotokan.

* Je pratique le style Shotokan avec beaucoup d’attachement à la technique et à tous ses principes

    fondamentaux. Une pratique basée sur l’apprentissage et le perfectionnement dans un souci du

    détail très approfondi.

* Je continue toujours à me perfectionner dans la recherche de sensations nouvelles ainsi que dans le

    développement de la perspicacité, de l’intuition.

* Personnellement je pense qu’il est indispensable de s'ouvrir au karaté traditionnel en plus du karaté

    moderne.

    Le karaté traditionnel est très riche,mais surtout très naturel, très vif, très réaliste, et pour un

    pratiquant ancien je pense qu’il est logique d’aller vers la recherche du sens réel et de son histoire.

                                 “ C’est un art, et dans l’étude d’un art il n’y a jamais de fin ”.          A.Bédy

...........................................................................................