OUVRAGES  DE  RÉFÉRENCE

( Recommandés à chaque pratiquant )

 

° " Tao Te King " Le livre du Tao et de sa vertu, de : Lao Tseu.

° " Le Zen dans l'art chevaleresque du tir à l'arc " de : E. Herrigel.

° " Hara " Centre vital de l'homme, de : Karlfried  Graf  Durckheim.

° " Gorin No Sho " Le traité des cinq roues, de : Miyamoto  Musashi.

° " L'esprit indomptable " Ecrits d'un maître de Zen à un maître de sabre, de : Takuan  Soho.

° " Heiho  Kadensho " Le sabre de vie, de : Yagyu  Munenori.

 

Un pratiquant / enseignant doit lire ses ouvrages afin de comprendre la voie des arts martiaux.

 


                                                    ZEN et ARTS MARTIAUX

                                      "Extrait du livre : Zen et Arts Martiaux de Taisen Deshimaru"

Dans le budo, la notion de Sutemi  (Sute: Abandon.  Mi: corps)  est très importante.

Cela signifie donc, jeter le corps, abandonner le corps. L’action d’abandonner, laisser tomber le corps, d’oublier l’ego. On abandonne les attachements, les désirs personnels, l’Ego.

On dirige l’ego objectivement. Même si l’on tombe n’importe où, il ne faut pas avoir peur, ni être anxieux. Il faut se concentrer « ici et maintenant » ne pas économiser d’énergie. Tout doit provenir d’ici et maintenant. On meut son corps naturellement automatiquement, inconsciemment, sans conscience personnelle. Alors que si nous utilisons notre pensée, action et comportement deviennent lents, hésitants. Alors les questions s’élèvent, l’esprit s’épuise, la conscience vacille comme une flamme troublée par le vent.

La pratique sans conscience vaut mieux que la pratique consciente. Au début de zazen, quand on a mal, on pense : ma posture est bonne ou elle est pas bonne ?  Je dois rentrer le menton, tendre la nuque, la colonne vertébrale, pousser sur mon Cafu avec les fesses, me concentrer sur l’expiration.
Mais ensuite on oublie tout, et cela devient non-conscience. Après 2 années de pratique, on a trop l’habitude.  On ne se concentre plus. On pense que la posture est bonne et on ne la corrige plus.
Même si le responsable du Kyosaku corrige cette posture, on ne suit plus. Certains pratiquent longtemps et leur posture devient mauvaise, elle ne fait qu’empirer. Cela est dû à un ego trop fort et à un manque d’effort. C’est aller dans une autre direction. Il ne faut pas oublier l’esprit du débutant.

Etre Zanshin :  est ce qui demeure, sans s’attacher, vigilant et détaché. Juste attentif à ce qui se passe ici et maintenant. Peu à peu, cette attention s’applique à chacun des actes de notre vie.

Personne n’est normal aujourd’hui, tous le gens sont un peu fous avec leur mental qui fonctionne tous le temps. Ils voient le monde d’une façon étroite, étriquée. Ils sont dévorés par leur ego. Ils croient voir, mais ils se trompent. Ils projettent leur folie, leur monde, sur le monde. Aucune lucidité et sagesse !!!
L’esprit du zen est d’abord observation de son comportement. Le comportement influence la conscience. A comportement juste, conscience juste.

L’intuition et l’action doivent jaillir en même temps. Il ne peut y avoir de pensée dans la pratique du budo. Il n’y a pas une seconde pour penser.

Quand on agit, l’intention et l’action doivent-être simultanées.
Dans le sport il y a le temps. Dans les arts martiaux, il n’y a que l’instant. Il faut vivre dans l’instant.

Dans la pratique du zen comme dans celle des arts martiaux, il est essentiel de se concentrer sur l’expiration. Ceci entraîne l’énergie vers le bas du corps et de la colonne vertébrale, produit une détente en redonnant de la force.

En zazen, se concentrer sur la posture est un Wasa.  Entre l’esprit et le corps, l’esprit et la posture, l’esprit et le wasa, la respiration établit la liaison. Finalement posture et respiration s’unifient. La respiration devient Ki (l’énergie, le ressort).
En Zazen, se concentrer sur l’expiration crée la liaison qui équilibre la conscience et la posture.
Cette activité déclenche l’impulsion équilibrante entre les muscles, les nerfs, l’hypothalamus, et le Thalamus.   L’expiration est la clé du Budo.
En zazen, vous ne devez pas rester sur une pensée, votre pensée ne doit demeurer nulle part. Laisser passer les pensées. Ainsi vous pouvez trouver la substance de l’ego. ( le reflet de la lune  sur l’eau de la rivière ne bouge pas, ne s’écoule pas. C’est seulement l’eau qui passe ).

Dans les arts martiaux comme en zazen, si ni la posture ni la respiration ne sont bonnes, il est impossible d’avoir un bon Ki.
La concentration ici et maintenant, dans chaque situation. Pas la peine de trop penser. Au contraire, penser avec le corps, avec l’instinct.
On peut tout ressentir à l’aide de l’intuition. (histoire de l’aveugle qui attendait, ressentait par l’intuition les mouvements de l’adversaire). Il ressentait les moindres vibrations.

Si les postures sont correctes, le corps et l’esprit retrouvent leur condition normale.
Si on se sert constamment du mental, le corps se trouve entravé dans son action.
Corriger le mental est difficile. Quand notre corps et notre cerveau sont mobilisés par l’ego, ils ne peuvent l’être qu’en circuit fermé.
Certains arts sont spécifiquement Zen, sur un plan historique pur : Thé, fleurs, jardins, poterie. 
D’autres furent transformés et pour ainsi dire recrées par le zen : arts martiaux, peinture calligraphique.


Lorsque le zen arrive au Japon, il trouve un peuple dont la guerre était l’occupation habituelle.
Ce fut le génie du zen de transformer les techniques brutales de la guerre en arts qui ne se souciaient plus du tout de l’efficacité guerrière mais de la recherche de soi-même. Toutes ces techniques devinrent des méthodes d’amélioration spirituelle. Le sabre, l’arc et la flèche n’étaient pas des instruments de mort mais des supports de méditation. Ce combat devint un combat spirituel, l’ennemi fut découvert en soi-même, dans les illusions de l’ego qui nous empêchent de voir notre vraie nature, et qu’il faut sans pitié, détruire.

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