Maître  Funakoshi  Gichin 

° Une formation de Karaté dure une vie entière.

Gichin Funakoshi

 

° N'oublions pas que l'art du sabre, tout comme le Karate-Do, est avant tout l'art de ne pas dégainer. C'est une protection non une provocation.

Gichin Funakoshi

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Textes tirés du livre de Shoshin Nagamine

“Légendes des grands maîtres d’Okinawa”

 

* Texte sur Maître Funakoshi *

- Quelques temps avant que Funakoshi Senseï ne construisît le Shotokan, Kano Jigoro, le fondateur du judo, lui demanda de créer une section de karaté au Kodokan, son dojo de judo.

  Cependant, Funakoshi déclina poliment son offre. Il pensait en effet que si des cours au Kodokan auraient facilité le développement du karaté, la pratique de cet art n’était pas compatible avec celle du judo.

Funakoshi était convaincu que le karaté devait soutenir la comparaison avec les autres arts martiaux japonais.

Par beaucoup d’aspects, ce fut grâce à cette conviction absolue que le karaté-do, l’humble tradition d’Okinawa, devint non seulement un art martial égal aux autres arts martiaux du Japon, mais aussi l’une des traditions de combat les plus

populaires partout dans le monde.

- Pour faire comprendre l’impact que Funakoshi Senseï eut sur la genèse et le développement du karaté-do moderne,

je me dois d’attirer humblement l’attention du lecteur sur plusieurs faits historiques importants, pour éviter toute

confusion concernant notre tradition culturelle.

- Le karaté d’Okinawa évolua à travers les générations qui synthétisèrent, réinterprétèrent, codifièrent les principes des méthodes de combat chinoises et indigènes d’Okinawa.

- Après que Funakoshi eut introduit le karaté à Tokyo sous le nom de Ryukyu kempo to-te (l’art du combat chinois des Ryukyu) les bureaucrates Okinawaiens furent obligés de trouver un nom mettant plus en valeur l’histoire locale de l’art,

plutôt que les influences étrangères, ceci à cause des relations entre le Japon et la Chine.

- D’abord appelé: te (littéralement: la main, par référence au combat à mains nues) , le karaté devint la tradition du te de Shuri, Naha, et Tomari, c’est-à-dire le Shuri-te, Naha-te, et Tomari-te.

- Par nécessité d’un terme générique, Funakoshi utilisa intensivement le nouveau nom de Karaté-do (la voie de la main vide).

- Il systématisa, de plus, l’utilisation de la prononciation japonaise au lieu de la prononciation sino-okinawaienne

dans les noms et termes techniques des nombreux kata qu’il enseigna.

- En tant qu’Okinawaien, chercheur sur l’histoire du karaté, et animé du désir de préserver l’authenticité de notre tradition culturelle, je crois fermement que les noms d’origine ne doivent pas être perdus ou déformés.

- Si nous continuons (Okinawaiens) à ignorer les noms d’origine nous allons perdre l’identité culturelle de notre tradition.

- Dans son livre de 1956, “karaté-do, ma voie, ma vie”, Funakoshi écrivit que : “les noms des katas étaient un peu difficiles

à comprendre pour les japonais car ils étaient prononcés dans le dialecte d’Okinawa, ou en chinois.

De plus, certains kata ( la symbolique de leurs noms) ne s’accordaient pas avec la culture (martiale) japonaise”.

- Les changements de noms incluaient le terme Ryukyu kempo to-te, remplacé par koryu (style ancien), et l’adoption

du terme karaté-do (la voie de la main vide).

- Dans le cas des kata, Pinan fut remplacé par Heian ; Naihanchi par Tekki ; Passai par Bassai

Wanshu par Empi ; Rohai par Meikyo ; Chinto par Gangaku ; Kusanku par Kanku ;

Useishi par Gojushiho ; Seisan par Hangetsu  etc....

- Fier de notre héritage culturel, et en considérant la normalisation actuelle des relations entre la Chine et le Japon, je pense sincèrement que les noms des kata devraient redevenir ceux d’origine.

Par ce biais, une partie très importante de la tradition du karaté serait restaurée.

- Parmi les techniques qui furent altérées sous la direction de Funakoshi, on trouve le neko-ashi dashi (posture du chat).

Le neko-ashi dashi était à l’origine une posture transitoire permettant d’éviter une attaque, ou de mettre l’adversaire en déséquilibre, suite à quoi l’on pouvait placer une technique adéquate.

En changeant le neko-ashi dashi en une posture plus ample, le kokutsu dachi (posture sur l’arrière), l’application

d’origine de la posture ne peut plus être employée, et le rytme du kata en est altéré.

De plus, cela a engendré une nouvelle tradition là où il n’y en avait pas besoin.

* Historiquement il a toujours été clair qu’un kata ne doit jamais être modifié, “c’est inapproprié”.

Si quelqu’un veut créer son propre kata, c’est son affaire personnelle.

Par contre, je pense qu’il est erroné d’altérer consciemment une tradition ancienne simplement pour l’adapter

aux besoins d’une autre culture, ou pour tout autre raison.

- Si je regarde de quoi est parti Funakoshi, pour implanter et populariser le to-te jutsu (une tradition d’origine chinoise)

dans le Japon métropolitain, à une époque d’intense sentiment anti-chinois et de montée du militarisme,

je ne peux que comprendre les problèmes qu’il affronta.

- Les Okinawaiens n’étaient pas bien perçus dans la société du Yamato (origine historique du japon), et c’était probablement difficile de présenter le karaté sans faire référence à sa culture d’origine : (la Chine).

- En replaçant les choses dans leur contexte, nous devons admettre que la manoeuvre de Funakoshi fut brillante,

surtout si nous considérons le résultat final : “la fin justifie les moyens”.

- Dans ces circonstances chaotiques et inflexibles Funakoshi n’avait pas d’alternative, car le karaté devait composer avec les forces socioculturelles ou être rejeté.

- Les lecteurs étrangers seront peut-être intéressés par cet important proverbe japonais :

“Derukugi wa utareru” c’est-à-dire: le clou qui dépasse reçoit un coup de marteau.

Ce vieux proverbe décrit parfaitement ce qui arrive aux gens différents dans la société japonaise. Ils se conforment ou sont méthodiquement exclus.

- Quoi qu’il en fût nous devons rendre hommage à l’énorme contribution de Funakoshi Gichin à l’évolution et au développement du karaté-do moderne. Nous respectons son oeuvre.

- Même si il n’a pas inventé la discipline, il est clair qu’il peut-être considéré comme “le père du karaté-do moderne”.

- En mémoire de ce grand maître, deux monuments de pierre furent érigés le 1er décembre 1968, au célébre temple Enkaku-ji du quartier de Kita-kamakura (à Okinawa) par les élèves proches de Funakoshi.

Gravé dans la pierre par Asahina Sogen, le prêtre en charge du temple, on peut lire Karate ni senti nashi

(il n’y a pas de première attaque en karaté).

Un autre texte gravé par Ohama Nobuhide dit : ° Funakoshi Gichin Sensei, du karate-do, naquit le 10 juin 1870, à Shuri, sur l’île d’Okinawa. Vers l’âge de onze ans, il commença l’étude du to-te jutsu avec Azato Anko et Itosu Anko.

Il pratiqua consciencieusement et en 1912 devint le président de la Shobukai d’Okinawa.

En mai 1922, il partit pour Tokyo et devint enseignant professionnel de karate-do. Il consacra la totalité de sa vie au développement du karaté-do.  Il quitta ce monde à 88 ans le 26/04/57.

° Réinterprétant le to-te jutsu, senseï développa le karaté-do sans perdre sa philosophie d’origine. Comme dans les bugei (arts martiaux classiques) l’ultime but, le mu (illumination) du karaté est la purification et la recherche du vide par la pratique, transformant le jutsu en do.

° Par ces célèbres mots karate ni sente nashi (il n’y a pas de première attaque en karaté) et karate wa kunshi no bugei

(le karaté est un art de lettrés) Senseï nous aidait à mieux comprendre le terme jutsu.

° Ces élèves ont crée le shotokai ( association du shotokan) et érigé un monument au temple Enkaku-ji.

Fin des textes sélectionnés dans le livre de

SHOSHIN NAGAMINE

“Légendes des grands maîtres d’Okinawa”

 

° Voici les vingt principes du karate-do de Funakoshi Sensei :

 

- N’oubliez jamais que le karaté commence et se termine par la courtoisie.

- Il n’y a pas de première attaque en karaté.

- Le karaté cultive l’estime de soi.

- Commencez par vous connaître vous-même avant d’essayer de connaître les autres.

- L’esprit précède la technique.

- Réagissez avec un esprit indomptable.

- Ne vous complaisez pas dans les échecs.

- Ne croyez pas que l’entraînement du karaté soit limité au dojo.

- Le karaté est la recherche de la longévité.

- Quand vous aurez découvert en quoi le karaté s’applique à la vie de tous les jours, vous aurez découvert son essence.

- Le karaté est comme l’eau chaude, si la chaleur s’échappe, il devient froid.

- Plutôt que de vous préoccupez de gagner, pensez à ne pas perdre.

- Changez votre tactique en fonction des mouvements de votre adversaire.

- L’issue de tout combat dépend du contrôle des zones protégées et non protégées.

- Imaginez que vos mains et vos pieds sont des sabres.

- Quand vous sortez, imaginez qu’un million d’adversaires vous guettent.

- Les postures fermes sont nécessaires aux débutants jusqu’à ce que ces postures deviennent naturelles comme une seconde nature.

- Même si le combat réel n’est jamais deux fois le même, les principes des katas ne changent jamais.

- N’oubliez ni vos points forts ni vos faiblesses, ni comment étirer et contracter vos muscles, ni l’exécution correcte des techniques.

- Chercher constamment à progresser.