SEISHIN  RYU  « KARATE - KOBUDO - BIO ENERGIE » 
                                          DOJO du complexe sportif de la voie romaine
                                               40230  ST  VINCENT  DE  TYROSSE
                                                    (Nouvelle Aquitaine)    FRANCE
                                                      www.karatedo-tyrosse-ecole.fr/
                                                Agrément jeunesse et sport: 79554009
                                                       Affiliation FFKDA: 0400604
                                                             Affiliation JKA: 40-02

 

** Le texte ci-dessous exprime ma réflexion sur mon expérience dans la pratique du Karaté.
- En voici les chapitres :  
Être Fan ou supporter
Les amalgames dans le mot Karaté
Les Sensei de Karaté Japonais
Les grades
Les compétitions
Les enfants et le karaté
Maître Gichin Funakoshi
Devenir pratiquant de karaté
Comment devenait-on adepte et pratiquant au 19ème siècle et avant. 
Les différentes pratiques dans les dojos
Le Kata
Attitude et comportement dans la pratique du Karaté
La préparation physique
Les trois formes d’efficacité et sa vision du karaté selon Kanasawa Sensei.
REMERCIEMENTS :
Merci à Florian Amelinck pour sa relecture, ses corrections, ses remarques.                                                     Merci à Christian Faurillon, un ami Okinawaien, historien amateur, pour ces précieuses informations.             Nous échangeons, communiquons tous les mois, via Skype.

SOURCES :
(1) : La connaissance de la connaissance « la méthode tome 3 » Edgar Morin 1986.                       
(2) : Croyance. Jean Claude Carrière. 2015.                                                
(3) : Tode : main chinoise.  Christian Faurillon (L’ histoire du karaté Okinawaien).                                                   (4) : Kara : vide. Christian Faurillon (L‘histoire du karaté Okinawaien).                                                                  (5) : Budo et sport par Kanasawa sensei. Interview  pour FFKDA.                                
(6) : Note d’un prêtre Zen sur la philosophie des arts, du Zen, et du Karaté (OKIC.Okinawa).            
(7) : Catherine Vidal. Nos cerveaux tous pareils tous différents ?                                
(8) : Maître Gichin Funakoshi. Christian Faurillon (L’ histoire du karaté Okinawaien).                                           (9) : L’initiation dans la tradition du Karaté (OKIC.Okinawa).                                
(10) : Kanasawa Sensei. Interview  pour FFKDA.                                           
(11) : Kata : Forme - moule. Christian Faurillon (L’ histoire du karaté Okinawaien).                   
(12) : Kata : l’art de la danse. Christian Faurillon (L’ histoire du karaté Okinawaien).                   
(13) : Manières d’être vivant. Baptiste Morizot.
(14) : Kanasawa Sensei. Interview pour FFKDA.                                       
(15) : article de Miyahira Sensei. (OKIC.Okinawa).                                    
(16) : Aoki Sensei. Article JKA Espagne.                                        
(17) : Kanasawa Sensei. Interview  pour FFKDA.                                       
(18) : Kanasawa Sensei. Interview  pour FFKDA.                                       
(19) : JKA France.

        
                MON  EXPERIENCE  DANS  LA  PRATIQUE  DU  KARATE    

 


* Tout d’abord, mettons les choses au point, ou enlevons toutes idées préconçues à mon sujet.
Je n’adhère à aucune idéologie, je reste insensible à toutes formes d’endoctrinements, de publicités, de sondages, de promotions quelconques, de soutiens politiques ou sportifs.  
Indomptable dans le sens du dressage !!  Peut-être !!  mais peu importe !!   dans tous les cas,

je préfère l’épanouissement  par l’effort physique, par un mode de vie basé sur la frugalité,

par l’autodiscipline, par une attitude juste, modérée, sincère et honnête, par rapport aux dressages en tous genres  (médiatiques, sociaux, politiques, familiaux, éducatifs, et bien sûr sportif !!).                « Frugalité, dans mon cas, ce n’est pas privation, régime, abstinence, ascétisme, mais simplicité de vie, liberté d’être heureux avec moins, et surtout pas, dans l’intoxication consumériste, dans son sens sociologique ».                                                                                                     

Je ne cherche pas les honneurs, ni à ressembler à tel Sensei, mais soyons clair, j’applique la règle de conduite suivante depuis longtemps : Ne cherche pas constamment à te mettre en avant, mais ne reste pas en arrière !!!           

C’est par l’expérience, l’écoute des discours, l’observation des comportements, la sensibilité pour la lecture, l’histoire, la recherche, les sensations physiques et mentales acquises par l’entraînement, sur des décennies de pratique, qui me permettent d’ exprimer ma réflexion, ma pensée sur cet art, cette discipline, cette activité…. qui est si riche, non seulement pour le corps mais également pour l’esprit et l’âme, autrement dit, pour le mental et le coeur.                            
Sans faire de généralités, j’ai connu beaucoup de pratiquants gradés ou hauts gradés Français totalement emprisonnés dans leur certitude, leur ignorance de la vraie nature de la discipline ou de l’art qu’ils pratiquent, de son histoire donc, mais aussi d’autrui, des choses, de la nature elle-même.      Mais peu leur importe, ils croient que.... ils pensent que....ils ont la certitude que ce qu'ils pensent est juste, ils cataloguent, ils jugent, (l'étiquette est vite placée sur le front d'autrui).                

 

L’égocentrisme « maladie de l’esprit » produit toujours, et plus encore à notre époque, des supériorités illusoires et irresponsables.                                          

 

Remettre en question son savoir, douter (ce qui amène à la connaissance de la connaissance (1), à la recherche) de sa pratique, de son attitude, c’est nécessaire à l’épanouissement individuel et surtout à tout éducateur sportif, Sensei, enseignant, transmetteur d’un savoir, d’un savoir-faire, d’un savoir-être. « Plus nous savons, plus nous voyons ce que nous ignorons, et plus nous ignorons, plus nous avons tendance à croire. La croyance est le mot commun qui désigne toute certitude sans preuve (2) ».      

 

* Je ne pense pas être un donneur de leçons « loin de moi ce défaut ». Il vaut mieux considérer ce qui suit comme une transmission d’expérience, une aide, un partage, un devoir de ma part, pour tous ceux qui me  font confiance.                                                                                                                         

°° Ceci me pousse à parler, simplement et modestement,  je me lance…..!!

 

 

** ETRE  FAN OU SUPPORTER, d’une star, d’une équipe, d’un joueur, d’un maître d’art (martiaux, et autres)  c’est, à mon sens, de l’immaturité, c’est surtout de l’aveuglement, je dirais même que c’est dangereux (maintenant avec l’expérience) car les dérives et les extrêmes ne sont pas très loin. On est fan, supporter d’une équipe, et on déteste l’autre équipe !! ça m’interroge et m’inquiète… mais j’en sourie !!                                                                                                              °° Personnellement je préfère être acteur plutôt que spectateur.
Lorsque j’étais débutant (il y a 48 ans) « et encore maintenant », je regardais les supporteurs avec interrogation, étonnement, je ne comprenais pas cette attitude… et loin de moi l’idée de m’agiter, de sauter dans tous les sens, de m’exciter, à la vue d’une star…                             

Mon attitude était l’observation avant tout, car je voulais comprendre pourquoi cette soi-disant  « star »  en était une, justement. ( L’hystérie  collective m’a  toujours effrayée!! ).                  

Quant à m’incliner à toucher le sol avec le front pour saluer le maître, ce n’était pas dans ma pratique, ni dans l’éducation que j’avais reçue de mon Senseï Vietnamien.                                                             Le salut au Maître passe par une attitude respectueuse sans excès, ni intérêts personnels, et une personnalité honnête, et non par des comportements en apparence ridicules. (je dis cela car mon correspondant Okinawaien me disait récemment que certains étrangers en étaient encore au stade du salut très exagéré, vis-à-vis de son Sensei, qui en était très gêné d’ailleurs et en souriait).

 

 

** LES AMALGAMES  DANS LE MOT KARATE, ils sont très nombreux et bien évidemment, sont issus de l’ignorance de l’histoire, des croyances et des idées toutes faites, dues à certains films, séries, livres notamment, sur le sujet (Bruce Lee et bien d’autres).  « sachant que Bruce Lee,  ( grand technicien dans son art, dont l’énergie interne était impressionnante, ce qui se traduisait en externe, par une rapidité explosive et un timing assez étonnant ) et tous les autres acteurs pratiquaient des styles très différents du Karaté Japonais.
Le mot Karaté est très souvent employé pour désigner toutes formes de défenses à mains nues d’origine asiatique !! C’est une erreur.
L’Asie est immense, les styles et formes de défenses à mains nues sont nombreux, et ils ne se nomment pas tous Karaté !!
Le mot Karaté est d’origine Japonaise, plus exactement de la préfecture d’Okinawa.
Entre le 15ème et le 18ème siècle, l’appellation était « Té, ou la main », mais elle aurait pu se nommer « Ken, ou le poing ».
Entre le 18ème et le 20ème siècle, l’appellation était « Todé, ou main chinoise ».                          

# De cette période riche en apports extérieurs, vont apparaître des différences et des sensibilités personnelles qui s’exprimeront suivant les critères du degré de maîtrise, de la conception philosophique, de la morphologie et du style chinois étudié. Tous ces facteurs donneront naissance, à plus ou moins long terme, aux différents styles insulaires qui sont parvenus à Okinawa. (3)

 

Au 20ème siècle, dans la période entre 1929 et 1936, l’appellation « Karaté, ou la main vide » (4)       a été adopté sous la pression nationaliste Japonaise d’avant guerre.
La consonance Chinoise « To de Todé » a été supprimée, pour être remplacée par un caractère différent « Kara, le vide » afin de mettre le caractère chinois « To » au placard de l’histoire.              En rapport au sentiment anti-Chinois de l’époque.                                                                             Ceci afin de faciliter le développement du Karaté au Japon par Maître Funakoshi, qui, par la même occasion, changea les caractères de son nom  Okinawaien « Tominakoshi » en « Funakoshi » pour paraître plus Japonais, aux yeux des Japonais.
- A savoir, que le caractère « Kara, vide » se réclame aussi de la dimension spirituelle Bouddhique dont Maîre Funakoshi, en 1923, fut initié et influencé par le père supérieur du temple Bouddhique Japonais « Enkakuj ».                                                    

Donc, ne pas mélanger Karaté avec Wushu ou Kung fu, Taekwondo, Kalarippayatt, Boxe thai, Jeet Kune Do, Karaté défense, Body karaté, Karaté jutsu, Karate mix, Krav maga,  et toutes autres tartufferies du genre….. 

 

 

** LES SENSEI  DE  KARATE  JAPONAIS,  (le mot sensei ne signifie pas Maître, mais professeur,  enseignant,  d’anglais, karaté, sciences, etc.. )                                         

Je n’ai jamais été admiratif (dans le sens Fan), inconditionnel, aveuglé par le Maître d’arts martiaux!!  (l’illusion de voir un être surnaturel, une star!).                                       

Personnellement, depuis le début de ma pratique, je me suis comporté, à l’égard de ces grands Sensei, d’une manière très respectueuse, très attentive, à l’écoute, car conscient de la richesse de leurs savoirs, savoir-faire, savoir-être. Je prenais des notes très souvent, car j’estimais que leur enseignement était unique et donc précieux.

 

# Lorsque nous honorons les enseignements de notre Maître du mieux que nous pouvons, n’est ce pas aussi être respectueux ?

 

Un Sensei préfère des pratiquants attentifs et appliqués, d’une grande sincérité, et d’un engagement physique intense. Il ne s’y trompe pas, il sait distinguer et ressentir une pratique honnête, d’une autre malhonnête, une personnalité sincère d’une autre basée sur l’intérêt personnel, le semblant, le superficiel.                                                            

J’ai été, au cours de mon séjour à Okinawa, en contact fréquent avec des grands Sensei, qui sont devenus des Maîtres  (traduction littérale: celui qui est né avant!!)  dans l’art qu’ils pratiquent.          Ce sont des êtres très affectueux, simples, cultivés, qui méritent d’être écouté, respecté, sans familiarité, et sans les considérer comme des saints ou êtres supérieurs, car ce n’est surtout pas leur désir profond.
« On dit que les grands maîtres ont déchiré l’écran étouffant de l’ego pour laisser le souffle de l’univers traverser leur être ».

 

 

** LES  GRADES (Dan), cela demande tout de même quelques éclaircissements.
Dans l’idéal, dans la logique et le bon sens, (chaque individu a son propre bon sens!!)  nous devrions nous présenter à un passage (ou test) de grades, avec l’aval ou l’accord de son Sensei.
C’est mon cas concernant le Kobudo à Okinawa. C’est Nakamoto Sensei qui a fixé les dates de mes tests de grade, je n’ai rien demandé.
En fonction des personnalités, l’obtention d’un grade est ou n’est pas une priorité.
Certains individus ne pensent qu’aux titres, grades, et ne s’entraînent que pour cet objectif.
D’autres pratiquent inlassablement, généreusement, sans y penser, ou sans que ce soit le but prioritaire.  C’est personnel, sans jugement, cela ne dispense pas de s’y présenter.
 Les années entre 1980 et 1995 ont été très enrichissantes et très physiques me concernant. Je me suis déplacé dans beaucoup de pays Européens notamment, afin de suivre l’enseignement des Sensei Japonais (soit ceux qui étaient installés en Europe, soit ceux qui venaient de Tokyo de l’Association Karaté Japonais - JKA).                                     

C’était des entraînements très intenses physiquement, de 5 jours. A l’issue des stages, des passages de grade étaient organisés. Beaucoup de stagiaires s’y précipitaient et devaient payer une somme assez conséquente pour y participer. C’est toujours le cas.
Ma participation aux entraînements, à l’époque, n’était pas dictée par la possibilité de passer un grade. Je n’ai jamais eu en tête ce but. Dans mon esprit, je ne voyais que l’aspect enrichissement par l’entraînement, accumulation des connaissances, et je ne pensais pas aux grades.                  

Cela m’a très certainement desservi plus tard, mais avec le recul, je ne regrette rien. Je n’avais pas non plus d’idées derrière la tête, à savoir obtenir (grâce à un grade) un poste à responsabilité dans une organisation de Karaté.                                                                                                               

La transmission de mon expérience à des élèves au sein d’un club était une priorité et cela m’a toujours comblé. J’ai toujours préféré transmettre, plutôt que diriger, arbitrer, juger, organiser.     

En toute simplicité.                                                                                                                           

Les passages de grade au sein de cette organisation Japonaise (JKA) m’ont toujours paru corrects et  honnêtes, au niveau du programme à exécuter (Kihon kumité - 2 Katas - Jyu Kumité).
C’est clair, précis, et chacun peut réussir son test, car le Jury applique le programme avec précision.  
Mais le fait de payer pour accéder au test, m’interrogeait, m’étonnait à l’époque, me laissait perplexe. C’était peut-être et certainement de la naïveté !!                                                                                   

Quant au système d’obtention des grades au sein de la Fédération Française de Karaté, je le trouve inadapté pour la réussite, cela ne se présente pas comme un test, mais véritablement comme un examen, avec une série d’unités de valeur (7 ou 8), ce qui ressemble plus à un parcours du combattant, plutôt qu’à un test de fin de cycle d’études des bases (étant donné que les études supérieures du karaté commencent dès le 1er Dan).

C’est donc une pratique pédagogique de l’échec, plus qu’une pédagogie de la réussite.
Sans oublier les copinages ou favoritismes excessifs qui entachent ce système.

 

 

** LES  COMPETITIONS, c’est aussi un sujet où les amalgames, les croyances vont bon train.
Je considère que consacrer une petite partie de sa pratique à la compétition, ne peut qu’être bénéfique. Je parle en connaissance de cause, car j’ai été compétiteur pendant 10 ans au niveau National et Européen.
La compétition développe le courage, la vitesse d’exécution, la maîtrise de ses émotions, le contrôle des gestes, le timing, le respect.                                                                                      

Mais la pratique au Dojo développe aussi, ces points !!!                                                                 

°° Ce sont surtout les conditions particulières, dans lesquelles on se trouve lors des championnats, qui sont importantes et intéressantes !!                                       

- Dans le cas de l’épreuve « Kata », c’est seul devant un jury de 5 personnes, des spectateurs, des compétiteurs attendant leur tour, du bruit, des annonces au micro, etc.. Il faut donc maîtriser son stress, avoir une bonne concentration, (le mental est très agité), donc une excellente préparation.  

- Dans le cas d’une épreuve « combat », votre adversaire est aussi déterminé que vous pour gagner.
 Il faut donc être à 100%, vigilant, il n’y a pas de place au relâchement, cela demande une grande concentration, une bonne condition physique et une bonne préparation.                                         

°° Concernant le karaté de compétition, un très grand nombre de clubs de karaté axent leurs
entraînements, uniquement et essentiellement sur cette pratique. C’est une pratique sportive.
Donc en grande partie, cela s’adresse à une tranche d’âge de pratiquant plutôt jeune.

Et les autres?, les plus âgés!!, ils se mettent à l’arrière, tentent de suivre avec beaucoup de mal, gigotent plus ou moins bien, forcent par manque de souplesse, et se dirigent tout droit vers les       blessures. Quant à leur avenir dans la pratique du karaté, ils n’en ont pas, il leur reste l’arbitrage!!
devenir dirigeant!!, ou l’arrêt de l’activité.       
C’est donc une pratique très élitiste, mais surtout très éphémère, qui consiste à dresser des jeunes humains à la victoire, à la performance, au titre (à la gagne) en utilisant quelques techniques de base, répétées à grande vitesse, avec des déplacements vifs, énergiques, dans un timing optimum. 

Il faut aussi une bonne connaissance des règles d’arbitrage et être capable d’appréhender très rapidement, les points forts et faibles de son adversaire.                                                              

C’est tout de même une excellente expérience  malgré tout!!  mais sur un temps très court de sa pratique !!

°° Pour résumer, si cette pratique sportive est l’unique orientation d’un club, elle s’adresse essentiellement à un public d’enfants, d’adolescents et d’adultes jeunes.
Quant aux adultes un peu plus mûrs et ceux qui voudraient pratiquer cette discipline dans le sens plus traditionnel, il faut une bonne dose de courage et de chance pour trouver un club dont l’orientation est plus technique, (dans le sens acquisition des principes et fondamentaux du KaratéDo), ou aussi traditionnelle. (le mot: traditionnel, est aussi très mal interprété, il y a pas mal, là aussi, d’idées toutes faites. J’en parle plus loin).

 

- Je constate aussi que mon enseignement est très éloignée de la pratique que j’observe dans les compétitions. Mais je tiens bon!!                                                     

Je ne veux pas dévier de cette trajectoire acquise et surtout comprise, au contact des grands Sensei Japonais, qui étaient (beaucoup décédés) et sont (ceux qui vivent encore sont très âgés maintenant)

les premiers experts formés à l’école JKA  (Association Karaté Japonais, référence et label du style Shotokan), par Nakayama Senseï. 

Je n’en veux pas à tous ces jeunes qui, aux niveaux départemental  et régional, reproduisent le  travail qu’ils pratiquent dans leur club. (C’est malheureux pour eux et consternant pour le club).
Par contre, je suis très critique vis-à-vis des enseignants qui trompent ces jeunes élèves en leur faisant croire que le karaté c’est un sport de brute sans tête, et que la technique ne se travaille que pour présenter un futur grade!! (par exemple).
C’est véritablement scandaleux et dangereux d’apprendre à un enfant à  se jeter sans contrôle sur  son adversaire, d’effectuer des gestes sans aucune technique, sans précision et sans contrôle encore une fois. Le résultat c’est qu’il y a de plus en plus de coups portés, même des poussins ou pupilles se touchent violemment. Et plus vous montez dans les catégories d’âge, plus c’est violent.

° Pour conclure ce chapitre, je me réfère à la réflexion de Kanasawa Sensei (5), décédé le 08/12/19 à 88 ans. Premier grand karatéka de l’école JKA et grand compétiteur, il fut le représentant le plus brillant de l’école Shotokan à travers le monde. Il parle du sport et du Budo.
(Dans son sens large, le budo est une voie de développement personnel via l’étude des traditions et techniques prenant leur origine dans les arts de guerre des samourais).
° Voici sa réflexion :                                                           

« Le sport, c’est une bonne éducation physique, c’est le jeu de la victoire et de la défaite.                  En sport, le plaisir vient de la victoire qu’on prend sur l’autre.                                                             En budo, c’est la victoire sur soi-même qui est recherchée. C’est plus sérieux et c’est pourquoi, alors, la maîtrise de soi dans la victoire comme dans la défaite est aussi importante que le résultat, car ce qui compte, c’est l’amélioration de sa propre mentalité.                                                                              Le budo, c’est l’apprentissage du devoir, de la responsabilité, du respect, tout ce qui fait l’essence de la paix.                                                                                                                                                     Le sport développe la capacité à lutter contre les autres, ce qui est l’essence de l’esprit de compétition, de l’antagonisme, de la guerre.                                                                                                               En sport, le plus rapide gagne la récompense et ne laisse rien aux autres.                                             En budo, on apprend à être le plus rapide pour partager avec les autres.

Dans le budo, on adopte une posture, moins agressive qu’en sport.                                                         Il faut d’abord se protéger, savoir absorber l’attaque.                                                                              Il y a des différences plus difficiles à exprimer entre la dimension du sport de compétition et celle du budo ».

° Voici la note d’un prêtre Zen d’Okinawa sur le karaté traditionnel et le karaté sportif (6) :  pendant l'ère Muromachi, il y a cinq à six cents ans, Zeami (acteur et dramaturge) a laissé les mots splendides « Makoto no Hana - une fleur authentique » et « Jibun no Hana - une fleur de l’heure » dans l'un de ses traités sur le drame connu sous le nom de Fūshikaden.                                                   - Pour le dire simplement, les fleurs de la saison sont parfois décrites comme « un charme d'un instant  seulement » tandis que les fleurs authentiques sont  « un charme qui ne se disperse jamais ».                 Maintenant, je voudrais mentionner qu'il existe une philosophie profonde qui est partagée à la fois dans la théorie de l'art de Zeami et dans le karaté.                                                                                 En ce moment même, le karaté d'Okinawa est devenu une discipline officielle des Jeux olympiques de Tōkyō, et il semble que les personnes concernées soient très satisfaites.                                   Cependant, avec cette opportunité, j'espère sincèrement que tous les leaders du karaté saisiront fermement l'essence du karatédō et, en le remettant aux générations futures, transmettront cette essence et la fierté du lieu de naissance du karatédo.                                                                            Parmi les instructeurs de karaté actuels à Okinawa, il semble qu'il existe des groupes qui font la promotion du karaté traditionnel et du karaté sportif.                                         

Le karaté sportif est littéralement une puissance et une performance juvénile qui charment ceux qui le regardent et peut ainsi être comparé à une « fleur de l'heure ». Dans une telle inclinaison, je crois que l'on aura probablement tendance à être obsédé par la victoire ou la défaite, et sera facilement lié à l'honneur d'une médaille d'or et d'argent.                                                     

D'un autre côté, même si après avoir épanoui une fleur d'un instant où le jeune fait des efforts assidus tout au long de la vie, la beauté qui émanera de cette culture est la « fleur authentique ».

Comme cela coïncide magnifiquement avec le traité Fūshikaden, je suis admiratif de la sagesse des paroles de Zeami.                                                             

# Une véritable fleur… « Le secret réside dans l'entraînement du cœur et de l’esprit ».              

Le karaté traditionnel n'est pas seulement une simple technique ou un combat.                         

Grâce à l'entraînement strict et au tempérament qu'est le karatédō, on vise à améliorer son caractère et à harmoniser en un seul,  « l’esprit, la technique et le corps ».                                    

Je perçois que dans ce mot « fleur authentique » réside une philosophie profonde et le cœur du zen. De plus, dans l'histoire, ceux comme Yagyū Munenori et Yamaoka Tesshū  incarnaient tous cette véritable fleur.                                                       

Alors que l'argent, l'honneur et le pouvoir prévalent dans le monde du sport, je ne veux pas du tout renier le karaté sportif.                                            

Cependant, de nos jours, les gens perdent leur cœur,  sous l'influence des choses matérielles.       

Je voudrais que les gens réalisent à nouveau l'essence du karaté traditionnel d'Okinawa et contribuent ainsi au développement de la culture et de l'éducation d’Okinawa.                     

Espérons que les chefs de karaté d'Okinawa toucheront même une partie de la philosophie de Zeami, la poursuivront en profondeur pour bien la connaître.

* Précisions concernant les prêtres Shintoïstes : Au Japon, les prêtres Shintoïstes qui officient dans les sanctuaires ou temples Shinto sont des laïcs. Ils ont une vie familiale et privée.                                 Par exemple, le prêtre Shintoïste du sanctuaire Shinto de Onoyama cho à Naha (Okinawa) est aussi un karatéka 6ème Dan.                                                       

Un autre grand karatéka de la JKA à Tokyo est également prêtre Shinto. C’est « Iida Norihiko Sensei » fabuleux combattant, connu pour son art du Go No Sen.             

Cette tactique suppose que l’on domine mentalement l’adversaire au point de l’amener à agir à son désavantage afin de le vaincre. Iida Sensei en était un grand expert

 

 

** LES ENFANTS  ET  LE  KARATE,  c’est un sujet pas facile à traiter, car en 24 ans d’enseignement à Saint Vincent de Tyrosse, je me suis rendu compte de pas mal de changement quant à l’attitude, au comportement et à l’état mental des jeunes.                                                    

Les 14 premières années (1996 à 2010) ont été assez glorieuses, intéressantes, dans le sens où les enfants étaient très dynamiques, pleins de vie, ils étaient très épanouis, leurs énergies étaient également débordantes.
Il était inutile de leur préciser que pour la pratique du Karaté, l’énergie était nécessaire et que le dynamisme était de rigueur. 
Du coup les résultats en compétition ont été nombreux et brillants dans l’ensemble.
Ils étaient heureux d’y participer. (certains ont été champions départementaux, régionaux, avec des qualifications aux championnats de France katas et combat).
(je pense à Prescillia : vice championne de France combat)
(je pense à Thibautl et Yuma qualifiés en finale du championnat de France Katas)
(Je pense au trio : Iker - Bastien - Yuma  : tous les trois sur le podium d’un championnat départemental Katas).
(Je pense à tous les autres qui n’ont pas franchi les qualifications au delà des championnats départementaux, mais qui ont eu le mérite, le courage, de participer honorablement aux championnats départementaux. Dans la bonne humeur et le sourire.)
Ce sont des années où les déplacements dans le département, mais aussi à Bordeaux pour les championnats régionaux, à Paris pour les championnats de France, ont été très fréquents.      

C’était tout de même agréable, les enfants étaient de bonne humeur, éveillés, vifs, et surtout sans inquiétude ou stress. Ils étaient courageux. L’ambiance était festive.

°° Depuis une dizaine d’années environ, le constat est beaucoup moins brillant, pratiquement plus  de candidats pour les compétitions, mis à part quelques tentatives sans succès.                              

Ceci dit, je  n’oblige pas à participer aux compétitions.                                                                          Je ne parle pas de Zora et Sébastien dans des catégories plus âgées. Ils ont été, l’un et l’autre de
bons compétiteurs, des exemples dans l’engagement, le dynamisme et le courage.                              Ils sont maintenant ceinture noire 1er Dan. Ils le méritent.                                         

Si je m’en tiens à l’observation des jeunes de 9 ans à 12-14 ans, depuis environ 10 ans, je peux faire le constat qu’une bonne partie de ces  jeunes ( pas de généralités ) sont beaucoup moins ouverts, moins dynamiques, manquent d’énergie naturelle malgré leur âge.
Je ressens chez ces enfants de l’inquiétude, du stress parfois. Ils sont souvent dans la retenue, et pour aller plus loin, je vois plutôt de la mollesse, de l’incapacité à extérioriser, à produire un effort physique.                                                            

°° Sans compter les bâillements à répétition, avant la séance, mais surtout pendant la séance…         Je pense qu’ils peuvent fort bien s’ennuyer dans les entraînements, c’est très possible sur certaines séances, mais en observant attentivement l’expression du visage, le teint, le regard,  je comprends qu’ils sont fatigués, que leur capacité d’attention est faible, et que parfois ils pleurent pour des raisons surprenantes ou inconnues.  « J’en suis très affecté car désarmé ».
          
# Pour ceux qui affirment que leur enfant est né comme ça, c’est ainsi, c’est figé, ils se trompent.
Ces enfants sont devenus comme cela !!  comment ?  et bien allons voir du côté  de leur environnement  (familial, social, éducatif, relationnel, nouvelles technologies ?…)                               

 

°° il est toujours temps de modifier leur comportement, de changer leur attitude!!!                            

 

( Nos aptitudes et nos personnalités ne sont pas figées dans le cerveau depuis la naissance.

La recherche montre le contraire : le cerveau grâce à ses formidables propriétés de plasticité, fabrique sans cesse de nouvelles connexions entre neurones, en fonction de l’apprentissage, de l’expérience vécue et de son environnement.

Les résultats observés en IRM cérébral, montrent bien comment l’expérience vécue modifie le fonctionnement cérébral, par la restructuration des circuits de neurones ).                                

« Voir des différences entre les individus ou entre les sexes ne signifie pas qu’elles soient inscrites dans le cerveau depuis la naissance, ni qu’elles y resteront…. » (7)
 
# J’ai le sentiment parfois que certains enfants sont vidés de leur énergie naturelle.
( c’est une remarque qui peut s’appliquer également chez certains adultes !! ).
Et pourtant ce sont des petits êtres très attachants par ailleurs (l’un n’empêche pas l’autre).
Le plus frappant c’est l’absence d’expression, quelques-uns sont sans voix, incapables de répondre à mes questions, et s’expriment à peine avec leur camarade. (retard de langage ? cause ? ).
C’est, pour moi, une grande interrogation, ce qui m’amène à penser que si je pouvais me transformer en un petit être volant et invisible, j’irais épier, scruter leur mode de vie social, environnemental.... « sans perversités bien sûr!! ».

Pour comprendre pourquoi ils deviennent ainsi. J’ai ma petite idée, mais !! « no comment please ».                                
°°Pour conclure, dans mon observation et ma compréhension sur le comportement et l’attitude des enfants, je ressens, je perçois, et j’ai le sentiment que nous n’avons pas besoin de nous parler pour nous comprendre !!                                                     

Mais il est très facile de mettre la faute à l’éducation familiale, de trouver un « bouc émissaire »
(chacun de nous pense avoir bien élevé son enfant !!).                                           

Personnellement, je préfère chercher un moyen pour les aider, par la pratique du karaté, ce n’est pas du tout facile bien évidemment, et souvent j’ai ce sentiment d’impuissance…

 

 

** MAITRE  GICHIN  FUNAKOSHI,  est considéré, étiqueté, comme le fondateur, le créateur du style Shotokan Ryu, autrement dit du Karaté moderne né au Japon dans la première moitié du 20ème siècle.

C’est pourquoi dans tous les dojos de Karaté Shotokan, le portrait de Maître Funakoshi Gichin trône sur le Kamiza du Dojo, en tant que Maître suprême du style Shotokan.
Mais que faut-il savoir ?  Car il y a un mais !!!
 
Gichin Funakoshi (8) est originaire de l’île d’Okinawa (devenu une préfecture du Japon) à Shuri plus exactement (ou j’ai vécu pendant 6 mois).  Issu d’une famille de petite noblesse, il apprend les
 techniques de mains auprès de Asato Anko.
À noter : de là, l’origine de la querelle avec le maître Tōyama Kanken 遠山 寛賢 .
 Ce dernier lui refusant le droit de se réclamer de l’héritage du maître Itosu, étant donné que le maître Itosu n’aurait commencé à donner des cours de todé / karaté 唐手/空手 dans cette
prestigieuse école de formation d’enseignants scolaires « Shihan Gakō » qu’en 1905 , soit 16 ans après que Gichin Funakoshi 義珍 en soit sorti…


Ce Todé devenu karaté c’était quoi comme style ?                                                                                  A Okinawa, on donna des noms de styles aux techniques de mains assez tard, sous la pression ou les questionnements !!                                                 

Donc, le style de Todé que pratiquait Gichin Funakoshi se nommait le Shorin Ryu, sans oublier la pratique du Kobujutsu (Bo et Sai, principalement) qui était indissociable du Todé.             

 

Lorsqu’il arriva à Tokyo, (voir plus bas) ce sont bien ces deux pratiques qu’il enseigna à ses élèves, assisté de Taira Shinken  son homme de confiance, qui est devenu un grand spécialiste du Kobujutsu, devenu Kobudo ( il fût le Sensei en Kobudo de Maître Nakamoto à Okinawa ).     
Gichin Funakoshi était un instituteur très actif, il enseignait le Tode aux enfants scolarisés de son école, et créa des associations de Todéka / karatekas ayant étudié la tradition martiale de Shuri.
*En 1916, il fait une démonstration de Todé à Kyoto. (en présence de Jigoro Kano, fondateur du Judo et conseiller auprès du ministre de l’Education nationale Japonaise).
*En 1921, il dirige une démonstration de Todé par des collégiens devant le futur empereur Hiro Hito et Kano Jigoro (fondateur du Judo), cela au château de Shuri à Okinawa.                               

Le profond humanisme de Maître Jigoro Kano se reflète dans sa célèbre citation :

 « Jita kyōei /自他共栄/ coopération et prospérité mutuelle » 

Traduction littéraire : 自soi-même 他L’autre, les autres 共mutuelle栄prospérité.
*En 1922, Funakoshi part s’installer à Tokyo, laissant 30 années de service de maître d’école à Okinawa. Il est soutenu et aidé par Jigoro Kano qui lui permet d’exposer des photos de Todé / karaté au musée de l’éducation à Tokyo, ainsi que de faire une démonstration au Dojo de Judo « Kodokan » devant des judokas expérimentés.                                                                             

*En 1923, un tremblement de terre fit 100.000 morts dont certains premiers élèves de Funakoshi. Parmi les survivants, son élève Hironori Otsuka (futur fondateur du style Wado ryu) continua à s’entraîner afin de maîtriser les 15 katas de base, avant de quitter définitivement Maîre Funakoshi.
D’autres suivront, car l’enseignement de Gichin Funakoshi n’abordait pas le kumité (combat libre). Ce sera une source  de profonds désaccords avec ses principaux disciples, mais aussi avec Motobu Sensei, dont le karaté était axé sur la réalité du combat.                                                               

Pour maître Funakoshi,  l’efficacité des techniques ne pouvait se tester que par les tests de casse, et non par le kumité (combat libre).                                                                                          

*En 1924, Gichin Funakoshi acceptera l’incorporation du combat codifié, le Yakusoku kumité.  « Cette pratique à deux, ce limite à un ippon kumité voire à un nihon kumité. Les autres pratiques de 4,5,6 ropphon kumité ne proviendrait pas de l’héritage Okinawaien, mais de celui du karaté Japonais, semble t-il, (grâce au développement international et à l’esprit cartésien occidental) ».     

En occident on n’aime pas rester dans le flou, il faut classifier, nommer, ce n’est pas le cas en général en Asie.                                                                                                                                    

* Les fils de Maître Funakoshi deviendront les piliers du dojo, le changement était en route.
*En 1924, Funakoshi adopte le système de grade du Judo, au Karaté.                       

*En 1927, « Le cercle de karaté de l’université de Todaï », développe le port des protections,             le combat libre, et la compétition. 

De ce fait, Maître Funakoshi démissionne de l’organisation.        

*En 1929, il arrête d’enseigner le Kobujutsu.                                          

C’est cette même année qu’il remplace le caractère Chine/kara par le caractère main vide / kara. 
*En 1936, il rajoute le suffixe « Do » à Karaté, puis renomme les katas de base Pinan en Heian.
° L’histoire du Karaté moderne commence donc par l’abandon du dialecte Okinawaien au profit du Japonais.
*En 1939, il ouvre son Dojo, (détruit plus tard pendant la guerre) qui deviendra « le Shotokan » traduit par :  « bâtiment 館 du pin 松 au feuillage ondulant 濤 ».
À noter : Le « kan 館  » de Shōtō-kan 松濤館 ne signifie pas « dōjō »  mais  « bâtiment-local ».    
Shōtō 松濤 , est le pseudo qu’il aurait employé dès son adolescence pour signer des calligraphies 書道 ou des textes de poésies.
*En 1945, le dojo est détruit, Maître Funakoshi perd sa femme et son fils Gigo, pilier du Dojo.
*En 1947, de retour à Tokyo après la guerre, c’est son fils ainé et ses disciples (Nakayama Sensei entre autres) qui continuent l’enseignement.                                                                                        °°L’enseignement est principalement universitaire et redouble d’un profond désaccord de fond, concernant la subordination du karaté traditionnel par rapport au karaté sportif.        

°°Le fils ainé et quelques disciples n’ont pas le même état d’âme que le maître.                         

C’est un problème de génération, les jeunes instructeurs et les étudiants forcent le pas pour que le kumité libre devienne une pratique courante.  
- Le nom du dojo (Shotokan) de Funakoshi devient le nom du style de Karaté.

 

Ce n’est pas le maître Funakoshi en personne qui a nommé le style, il considérait le todé / karaté comme un tout et ne voyait pas l’utilité de le fragmenter en styles ou écoles.
Il pensait au contraire que cela ne pouvait que déboucher sur un appauvrissement général.

 

*En 1948, le Karaté dit « Shotokan » est donc né à Tokyo par la création de la Nihon Karaté Kyokai ou JKA  par Masatoshi Nakayama, avec comme Maître suprême Gichin Funakoshi.      

*En 1955, Funakoshi assiste à l’inauguration du nouveau Dojo central de la JKA, mais devant trop de désaccords internes dont elle est l’objet et dont Funakoshi n’approuve toujours pas l’orientation trop sportive qu’elle veut prendre, il n’y remettra plus jamais les pieds.
*En 1956, au mois d’avril, il démissionne de son poste de premier instructeur conseillée technique de la JKA, ne supportant plus les nombreux et profonds désaccords qui règnent au sein de ladite association. 
*Le 26 avril 1957 il décède à l’âge de 90 ans.
 
# Les recherches actuelles  à Okinawa au niveau universitaire et par Christian Faurillon (historien et ami) ne nous permettent pas d’être affirmatif (comme dans certains ouvrages de karaté). Il est donc plus sage de parler au conditionnel si l’on veut établir une conclusion à cette histoire. #

°° Donc, pour conclure, Maître Funakoshi  ne serait pas le créateur du style Shotokan, ni le père du Karaté moderne comme on peut le lire partout.                                

C’est un grand maître qui a eu le courage, l’honneur, l’intelligence, de s’installer au Japon pour enseigner l’art du Tode d’Okinawa, ainsi que l’art du Kobujutsu (sans grand succès).             

Ce Tode dit tardivement Shorin ryu  d’Okinawa, style qui comprend plusieurs branches à Okinawa.

°° C’est surtout grâce à Maître Funakoshi que le tode / karaté a pris naissance pour la première fois au Japon. ( Il s’agit, vous l’avez compris, du karaté Shorin ryu d’Okinawa et non du Shotokan ).           

 

°° Ce serait certains de ses disciples et instructeurs (Nakayama Sensei entre autres) et ses trois fils, qui seraient à l’origine de la transformation du Karaté traditionnel Shorin ryu  d’Okinawa  en Karaté moderne et sportif ayant pour nom : Le Shotokan. 

 

 

** DEVENIR  PRATIQUANT  DE  KARATE,  peut conduire vers des orientations, voies, directions  différentes en fonction des hasards de la vie….(et non pas du destin !!)  ceci sous l’influence de divers facteurs tel que : le hasard d’une rencontre, un dojo près de son domicile, le conseil d’un pratiquant, une publicité, une réputation vantée par des amis, un site internet, le désir d’apprendre à se défendre, reprendre cette activité abandonnée depuis des années. etc…                      Pour un débutant, dans la plupart des cas, le choix du Dojo est fonction de sa situation par  rapport au domicile du futur disciple.                                          
(il y a des idées reçues qui circulent encore, sur le fait que certains styles de Karaté sont plus réservé à des petits, trapus, et d’autres styles à des personnes plus grandes, longilignes).        

C’est bien sûr faux. On trouve toutes les morphologies dans tous les styles.

 


** COMMENT  DEVENAIT-ON  ADEPTE  ET  PRATIQUANT  au 19ème siécle (9):    

Dans la grande tradition des arts martiaux, l’initiation était une étape à part entière.                     

Elle permettait une sélection naturelle.                           

Un maître digne de ce nom ne voyait pas l’utilité d’enseigner son art à un élève qui n’était pas prêt à le recevoir.                                                        

L’enseignement se méritait et les élèves novices devaient faire, avant toute chose, la preuve qu’ils avaient la capacité à le recevoir.                                             

Plus que physique les qualités demandées  étaient  d’ordre mental.
La persévérance, la volonté, la patiente étaient indispensables pour espérer pouvoir avoir accès à  
l’enseignement complet.                                                                      

 

°° Voici ce que disait Kanazawa Sensei à propos de sa formation universitaire et karaté (10):    

C’était à l’université Takushoku, l’une des premières à enseigner le karaté Shotokan de Funakoshi Sensei, où enseignait maître Nakayama. J’ai fait cinq ans de management au lieu de quatre, car j’ai dû recommencer mon cursus au début, car le karaté prenait beaucoup de temps.                         

Pour les meilleurs, l’enseignement était particulièrement intensif, car il y avait un groupe spécialement entraîné pour devenir l’élite du karaté de l’époque.                                                   

J’ai découvert que le karaté ne servait pas à devenir important, mais était bon pour la santé, pour la paix. Et c’est tout ce qui me reste en tête aujourd’hui : la confiance et le plaisir par la pratique du karaté, le partage, la paix pour tous.

 

 

** LES DIFFERENTES PRATIQUES DANS LES DOJOS :  Concernant les différentes formes de pratiques du style de Karaté Shotokan, on peut dire qu’il y a deux, trois ou quatre formes de pratiques.                                                                                                                                              Cela n’engage que moi, vu mon temps de pratique et l’accumulation de mes connaissances dans cette discipline.

    - La première est celle dite « d’origine, initiale, ou moderne car récente, années 1950 » qui respecte avec exactitude les principes, les techniques de base et avancées, les assauts ou kumités,  les Katas, de l’association Japonaise de Karaté Shotokan, autrement dit de la JKA : (Japan Karaté Association fondé en 1948 à Tokyo par Masatoshi Nakayama Sensei, dont il deviendra le Chef  Instructeur en 1958).                                                          

# Ne pas oublier l’oeuvre de Nakayama Sensei  à travers les 11 volumes « Best Karaté » qui représente, à mes yeux, la référence technique du Karaté Shotokan. Tout pratiquant de ce style devrait posséder (étudier) ces ouvrages. 

    - La deuxième est celle dite « sportive » qui a comme objectif d’obtenir des titres sportifs, des médailles, donc de former des Champions. Cette pratique est née au sein de la Nihon Karate Kyokai autrement dit la JKA en 1957 à Tokyo quelques mois après le décès de Maître Funakoshi.
# C’est devenu, un peu plus tard, au sein des différentes Fédérations Occidentales de Karaté,  la pratique essentielle, fondamentale, principale, unique, de ces fédérations.
   
    - La troisième est celle dite « traditionnelle » qui est orientée vers un ou des styles d’origine      Okinawaienne.  Dans ce cas, on sort du style Shotokan Ryu.  Pourquoi ?
°° Car le karaté dit traditionnel concerne les pratiques Okinawaiennes qui ont une histoire très ancienne de plusieurs siècles. Les différentes pratiques devenues des styles au 20 ème siècle, sont enseignées dans le respect de leurs histoires.                                                                                         Ce n’est pas une pratique sportive qui est axée sur le dressage, sur la performance, mais une pratique qui s’attache à épanouir les individus par l’effort physique et mental, à améliorer leur caractère et harmoniser l’esprit, la technique et le corps. Cela demande beaucoup de courage dans les entraînements, de la patience, et de la volonté.
   
    - La quatrième est celle dite « d’origine et sportive » qui associe une pratique sportive avec une pratique respectant les principes et les fondamentaux techniques liés à l’école JKA.
C’est la pratique la plus répandue dans l’organisation Japonaise de karaté Shotokan « JKA ».               - Les entraînements courants (techniques) sont basés sur l’apprentissage et le perfectionnement des techniques de bases et avancées, dans le respect des principes physiques et physiologiques du style : Hanches - Position et posture - dynamique - coordination des membres -Timing - vitesse -
équilibre - stabilité - distance de frappe - puissance - respiration - tempo - concentration - forme.
- Les entraînements dits sportif, pour la préparation aux compétitions, sont  (devraient être) effectués, non pas au cours des entraînements courants, mais sur des créneaux horaires spécifiques.
Ce sont deux pratiques bien définies qui peuvent se compléter, mais tout de même différentes dans la forme et le fond, et qui ne doivent pas être mélangées.
Il est bien entendu facile pour un enseignant de se laisser aller à faire des entraînements un peu trop sportifs (dans le sens non pas condition physique mais compétitions) à la place des entraînements techniques. Il faut en prendre conscience, et corriger cette tendance ou trajectoire.

 

 

** LE  KATA :  Lorsqu’on interroge les pratiquants de Karaté sur la signification du terme KATA,
la plupart donnent la définition suivante : 

« C’est un combat imaginaire contre plusieurs adversaires ».   

 Dans cette définition, on peut saisir au vol le mot « imaginaire » et avoir la réflexion suivante:            * Effectivement, dit comme cela, c’est vraiment très imaginaire, et donc du domaine de la croyance, et donc pas très réaliste.

La pire des catastrophes dans la pratique du Kata, c’est justement d’être dans l’imaginaire, dans l’illusion, donc dans la croyance.                                                                            

Croire que l’on combat contre plusieurs adversaires (maximum 8) que l’on maitrise et que l’on met hors de combat dans la configuration du Kata.  Bon, on peut rêver !!                        

 

Or, dans la réalité, cela ne se passe pas ainsi !!
 

- Le kata comporte une multitude de séquences de techniques variées qui s’enchaînent les unes aux autres, suivant 8 directions (embusen) avec des mouvements soit lents soit rapides, auxquels les phases respiratoires « inspire et expire » sont associées.


Une séquence technique n’a pas systématiquement de lien avec la séquence suivante, elles peuvent être indépendantes l’une de l’autre.


Les deux éléments essentiels d’un kata sont : la rapidité d’exécution des techniques et le Kimé.  

- Autrement dit,  le Kimé c’est l’esprit de décision.  « Cela concerne la force mentale mise dans chaque mouvement, et non pas la force musculaire ».

                                                                 

°° La pratique du kata  a deux sens à l’origine : « soit l’art du combat soit l’art de la danse ».               - A la place de l’art du combat, il est courant de parler de « l’art du guerrier ».                                      Le contenu sémantique du mot guerrier est différent du mot combattant.                             

N’oublions pas que Karate signifie main vide.                                                                               

Cela dit, les guerriers aux mains nues, donc sans armes, sont historiquement inexistants !!  

Et puis, pourquoi la pratique des armes du Kobujutsu, devenu kobudo, au sein du Tode, devenu

karaté ?  C’est pour cette raison qu’il est préférable d’employer le mot combat plutôt que guerrier.                                                  
°° Dans la définition du mot Kata, on trouve deux termes employés : Forme ou moule.                        (les désaccords ont été nombreux sur cette définition à Okinawa).                                                 

- Forme s’apparente plus à l’aspect extérieur, à l’art de la danse.                                                          - Moule s’apparente plus à la transmission du kata, l’art du combat.                                                  

°° Le caractère kata le plus anciennement usité semble celui-ci 型 (moule) (11)  qui garde de fait une certaine rigidité vis-à-vis de la tradition.                                                                            

Certains maîtres préfèrent l'emploi de celui-la  形 (forme, apparence) qui, quant à lui, s'ouvre plus vers une pratique moins formelle vis-à-vis de cette dite tradition.  La forme, l’apparence, semble souvent primer quant il s'agit du karaté dit moderne, le Shotokan par exemple.                  

- Précision sur l’art de la danse :

°° L’art de la danse  (pas à l’occidentale!!)  c’est la danse traditionnelle d'Okinawa :                             (le Ryûkyû buyô 琉球舞踊)  une chorégraphie à la gestuelle millimétrée dédiée aux divinités locales (Shintoïsme originel) , dont on doit au préalable connaître les mouvements pour pouvoir l’exécuter,  et dont certains composants relèvent d'une influence bouddhique (par le biais du Japon et non pas directement par celui de Chine). Cette influence bouddhique ayant, semble t-il, joué un rôle important dans l'évolution de son expression.

Expression qui se dévoile sous la forme codifiée actuelle, notamment dans la délimitation de l'espace d’évolution. En voici 2 exemples : (12)                                                                 https://www.youtube.com/watch?v=NKHfQUttyOY                                                                      https://www.youtube.com/watch?v=cU-056SoCr4                                                                                

 

°° A Okinawa, à l’époque où toutes formes de pratique de combat étaient interdites, la danse traditionnelle était une manière rusée et cachée de transmettre certaines techniques du Tode.
 
°° Dans la tradition okinawaienne,  le KATA  (acquérir des automatismes dans un schéma stylisé préconçu)  est le pivot de l'enseignement du tode / karaté.                                                        

° Les Kata ont été conçu d’une façon intelligente de manière à rendre sa pratique intéressante, mais surtout, et c’est le point essentiel, d’inviter le pratiquant, par la répétition des mouvements, à obtenir des automatismes liés à l’espace, les déplacements, les changements de direction, l’exécution et la compréhension des séquences de techniques.    


- Il est donc très important de tester, pratiquer, les différentes séquences techniques du kata avec un partenaire, tout en évitant absolument des applications ou analyses fantaisistes qui relèvent plus de l’imaginaire et donc de l’irréalité  ( je pense aux Bunkai par équipes lors des championnats Katas, c’est un spectacle avant tout, une prouesse physique oui !, mais hors de la réalité ).             

 

- Donc, la réalité, c’est la pratique de toutes les séquences de techniques du Kata  par la répétition,  afin d’acquérir des automatismes de défense et d’attaque, et surtout de comprendre la véritable fonction ou analyse des mouvements en les testant avec un partenaire.

 

 

** ATTITUDE ET COMPORTEMENT DANS LA PRATIQUE DU KARATE :
Depuis le début de ma pratique, en 1973, mon comportement n’a pas été dicté par l’idée de vouloir me défendre, d’abord me défendre contre quoi ? contre qui ?….
J’ai personnellement horreur des conflits, je fuis l’agressivité et les aboiements humains.                 J’ai toujours été choqué par les attitudes perverses, narcissiques, par le mal en général, la brutalité,
cela depuis toujours.  Donc, pourquoi pratiquer une discipline de combat à mains nues ?

 

° Certainement que ma rencontre en 1972 (le hasard de la vie, et non le destin !!) avec Jacques
(en Français) de 20 ans mon ainé, réfugié Vietnamien, pratiquant et enseignant (dans l’ombre) cette forme de Shaolin et karaté Shotokan, a été révélatrice et déterminante de mon assiduité, de l’intérêt porté à cette discipline. (je précise que Jacques a appris le combat pendant cette affreuse guerre du Vietnam).                                                         

Et pourtant, c’était quelqu’un de très calme et très vif au bon moment, lucide, d’une grande culture, pratiquant l’art de la musique, de la peinture, non-violent, (souriant des gens nerveux sans contrôle de leurs états d’âme), au physique fin, très svelte, souple et élastique. 
(sa culture Vietnamienne et Chinoise influencée par le Bouddhisme, prônait une nourriture frugale)  « manger pour vivre et non vivre pour manger »  cela se traduisait par une grande énergie,  une vitalité naturelle assez extraordinaire. Son physique affuté, sec et flexible, permettait des coups secs et rapides, très percutants et donc efficaces.                                         

- La culture occidentale n’a pas compris cela. 

Ici, on pense que pour avoir de l’énergie il faut  manger beaucoup, faire de la musculation (pour le paraître) prendre des compléments alimentaires, des vitamines, suivre des régimes spéciaux (souvent trop caloriques), s’inscrire dans des cours de Ki ou d’énergie, croire en telle ou telle méthode nutritive, gonfler le torse, se remplir, « s’épuiser » 

( c’est de l’illusion, c’est du vide et c’est se rendre vulnérable en vérité ).                                         

Le résultat obtenu est l’affaiblissement du corps, pour aboutir à un résultat opposé et dangereux. 

 

(Ne soyons pas obtus, n’appliquons pas des recettes, ne nous arrêtons pas sur des certitudes dogmatiques, ne raisonnons pas par habitude de pensée, par facilité, par superstition). (13)
 
°° J’ai donc appris, mes dix premières années de pratique, l’art du combat, mais surtout l’état d’esprit, le mental, capable d’analyser, de percevoir très vite la personnalité d’un partenaire, mais aussi à me dépasser physiquement, à transpirer, à m’entraîner avec toute l’ardeur et la vigueur nécessaire à cette pratique, tout en respectant l’autre (jamais d’agressivité et de méchanceté), en maîtrisant mes gestes et mon comportement, mais en mettant toute l’énergie possible dans mes techniques, sans retenue, sans économie, sans triche, et surtout sans me poser tout un tas de  questions inutiles, qui affaiblissent le corps et l’esprit, plutôt que de le libérer, de le rendre dispo. 

 

Il me disait : Rien ne peut être bon sans effort. Qu’un effort moyen ne donne rien de bon, même pas un résultat moyen. Le travail continu, puissant, intense, fait avec conviction, est le seul moyen de découvrir la quintessence d’un Kata.  Dès qu’il y a un relâchement, tout n’est qu’illusion.

 

 

 

° Voici un exemple à méditer, surtout à notre époque !!!

 

 

KANASAWA  SENSEI  décédé le 08/12/2019  à  88 ans.

 

 

 

 

 

- Kanazawa Sensei a combattu en 1957 à Tokyo, au championnat du Japon, avec une main cassée,     et il termina vainqueur !!                                                            

Sa maman lui dit avant le combat « qu’il ne devait pas disputer à l’époque, car la JKA s’y opposait, étant donné sa blessure »« Tu as une main cassée, mais il te reste l’autre, ainsi que tes jambes.
Pourquoi ne pourrais-tu pas combattre ? ». Un samouraï n’aurait pas renoncé pour une main cassée… 

Sensei dit : elle avait l’esprit très budo et n’était pas satisfaite de mon état d’esprit dans cette circonstance.  Ce n’était pas par incompréhension de la situation que ma mère insistait, mais par fierté familiale. C’était une mère à l’ancienne.(14)

 

 

° Un grand Maître d’Okinawa, réputé pour son efficacité,  fût  Miyagi Chojun Sensei

(c’est le fondateur du style Goju ryu d’Okinawa, il eut comme disciple Higaonna Morio dont j’ai reçu l’enseignement à plusieurs reprises à Okinawa). Il disait : « Ne frappez pas les autres et ne permettez pas aux autres de vous frapper, le but est la paix sans incident ».

° Voici ce que disait le maître de Karaté d’Okinawa Miyahira Sensei du style Shorin ryu (15):
Le karaté de l’archipel des Ryukyu (île principale: Okinawa) est utilisé non pour combattre mais seulement pour l’auto-protection.
Les maîtres de karaté des Ryukyu ne se vantent pas de leurs compétences mais embrassent l'esprit de courtoisie et de compassion.
Ils ne regardent pas les autres mais cherchent un respect mutuel.                                                          Ils s'occupent toujours et s'engagent dans l’autodiscipline.
Ils sont pacifiques et ne tuent pas les attaquants, délinquants, qui ont aussi leur famille bien-aimée.
Les maîtres de karaté des Ryukyu protègent les plus faibles et les nécessiteux.
Le karaté des Ryukyu est un art martial humaniste et éthique.
Les maîtres de karaté des Ryukyu valorisent les idéaux de la paix et de l'amitié internationale.          Ma devise personnelle  « Vivre ensemble, prospérer ensemble et Etre raisonnable. »                     L’art de vivre des maîtres passe par un enseignement de grande qualité.                                 Mushotoku : Ce terme exprime « l’Esprit qui ne cherche pas à obtenir ».                                  

C’est l’état de conscience où l’on ne s’attache à rien et où l’on ne cherche ni profit ni résultat.   

 

On pourrait également le traduire par cet axiome :  « Les mains ouvertes, vous pouvez tout
recevoir et tout donner, les mains fermées, rien ne peut être obtenu ».                                                  

 

°° Ces exemples ci-dessus, doivent permettre à l’enseignant et à tout pratiquant curieux et expérimenté, de comprendre qu’il y a bien des idées reçues, des amalgames, de l’ignorance, sur la compréhension et sur la pratique du Karaté.                                      

Mais pour comprendre, il faut pratiquer régulièrement et intensément, apprendre la théorie, avoir envie de savoir, pour justement comprendre ce que nous pratiquons depuis des années avec courage.   Donc, il est essentiel de s’intéresser à cette culture Japonaise, à l’histoire de ce peuple, et aussi comprendre l’influence du Bouddhisme et du Shintoïsme sur les arts martiaux Japonais, qui sont des pratiques culturelles très respectées et pratiquées au Japon.                                                          

Je dirais qu’à Okinawa et au Japon, la pratique est véritablement un art martial, car la culture, l’éducation, l’histoire de ce pays, très différente des pays occidentaux, permet une attitude et un comportement juste, très rapidement, vis-à-vis de cet art.                            

« C’est au début du 19ème siècle que des récits de voyage à Okinawa, décrivent un peuple avenant et affable, ignorant la monnaie, le crime, les armes et la guerre ».                        

Napoléon en fut tout excité et étonné paraît-il !!                                                            

 

Quant à la pratique à l’occidentale (sans faire de généralités, ni de mauvaises critiques) je la trouve  plus superficielle, un loisir, une activité récréative, trop orientée sur l’aspect sportif parfois, même trop souvent, ce qui est limité et pauvre au niveau technique.                              

C’est une question qui reste entre les mains de l’enseignant, en fonction de sa formation, de son orientation technique, de sa pratique et de sa curiosité pour l’histoire de cette discipline.                    

 

°°Bien entendu, et heureusement, de nombreux karatékas occidentaux sont devenus des pratiquants assidus, fidèles, curieux de l’histoire, de très bons niveaux, ayant fait beaucoup de sacrifices dans leur vie privée afin de suivre l’enseignement des experts Japonais de la JKA à travers l’Europe, au Japon, et sur d’autres continents.

 

 

** LA PREPARATION PHYSIQUE  ou comment permettre au corps d’être mobile, souple, mais surtout flexible, sans oublier l’aspect explosif, rapide donc, sans blessure à répétition :     

Voila une question essentielle, mais complexe malgré tout, car elle est déterminante dans la pratique des arts martiaux, et des sports de combat.                                            

Toute personne qui s’inscrit à des cours de Karaté, se rend compte très vite de l’exigence physique de l’activité, dans les domaines de l’agilité, de la détente, de la coordination, de la mobilité, des déplacements, des rotations, de la souplesse générale, des sauts, de la vitesse, de la résistance aux contacts.                                                         

Partant de cette remarque, il serait donc judicieux, avant d’enseigner au futur adepte la pratique du karaté, de faire le point sur ses capacités physiques et, si besoin est, de lui permettre d’améliorer sa souplesse générale, sa condition physique, par des exercices adaptés.

C’est, bien entendu, l’idéal. Mais ça ne se passe pas ainsi partout. Le nouvel inscrit enfile son kimono tout neuf, intègre le groupe, et en avant toute pour l’initiation au karaté, précédé d’un super échauffement, qui laissera des traces (courbatures) les jours suivants.                                                   

Dans le meilleur des cas, il peut suivre un échauffement et un entraînement réservé aux débutants. C’est l’idéal.                                                         

Mais dans la réalité (sans généraliser) le débutant est dans un groupe de pratiquants tous grades réunis, et c’est parti pour subir d’emblée ce que les autres font depuis quelques années.    

Débrouille toi avec ça. Comme on dit, ça passe ou ça casse !!                             

Donc, à mon avis, pour tout débutant, nous devrions commencer par effectuer un petit bilan des capacités physiques avant de descendre dans l’arène… (bilan d’abord théorique, puis pratique, par l’exécution de quelques tests de souplesse, suivi d’un certain nombre de recommandations, et de précautions). 

Effectivement, la souplesse est primordiale dans la pratique des arts martiaux.                

 

°° Mais de quoi parle-t-on à propos de souplesse ? Car chacun a son idée, sa définition.                    

 

# N’oublions pas ceux qui fuient le problème confortablement en disant :                

- Mais moi, je ne suis pas souple !!  Ma réponse : OK mais tu peux le devenir !!                

- Mais tu sais à mon âge !!  Ma réponse : Laisse ton âge de côté !! Ce sont surtout tes conditions de vie et ton hygiène de vie qui comptent. Mais tu peux t’assouplir ou devenir souple !!                    

- J’étais souple étant jeune !! Ma réponse : Sais-tu pourquoi tu as perdu ta souplesse ?  Tu peux  bien entendu redevenir souple !!        

 

°° Lorsqu’on parle de souplesse, bien souvent les gens pensent au grand écart des jambes, aux coups de pied très haut, leur esprit est toujours orienté vers l’excessif ou le spectaculaire… le mot souplesse est très mal compris.                                               

La souplesse est indispensable dans tous les sports. Elle permet une meilleure récupération après l’effort, réduit les problèmes articulaires de manière générale, elle permet une évacuation du stress, mais surtout elle écarte largement tout risque de déchirure musculaire.                                    

Jeunes où plus âgés, hommes comme femmes, nous pouvons toujours améliorer notre souplesse.                                  

La souplesse du dos demandera toujours plus de temps, mais une étude a été menée par des professeurs de l’Ecole des arts du cirque de Tianjin en Chine, et d’après celle-ci, peu importe l’individu, il est possible avec l’entrainement adéquat de réaliser les grands écarts.             

(attention : les fainéants doivent s’abstenir).    

             
°° Concernant le Karaté, la souplesse doit être générale dans le sens où toutes les parties du corps doivent être disponibles, donc relâchées, défaites des tensions et contractions, qui sont parfois (même souvent), installées depuis X années !!                                

Autrement dit, le karaté ne se pratique pas avec la force musculaire ( ce qui engendre la contraction des membres néfastes aux mouvements, causant son ralentissement, ce qui est aussi dangereux pour la santé de l’individu ) mais avec la vitesse d’exécution qui ne peut être obtenue que grâce à l’élasticité et la flexibilité des muscles.                                        

Donc, quand on dit flexibilité, élasticité (ce qui est très facile à dire, mais pas facile à obtenir), cela nécessite un travail de fond (et long) sur sa petite carcasse  (petite !! pas pour tous).                        

Ce travail de fond, pour arriver à long terme à la flexibilité des mouvements, doit être orienté sur plusieurs points importants.                                               

 

## Il faut noter que nous pouvons avoir une souplesse apparente convenable, sans avoir forcément un système musculaire très élastique et flexible !!

 

°° Le premier point, c’est de réapprendre à respirer profondément et calmement, en fixant son attention sur l’expiration. Cela peut se faire à tout moment. Il n’y a pas de conditions particulières. 

 

- Il y a avant tout, une prise de conscience qui doit se diriger sur sa respiration habituelle et automatique qui est d’une amplitude minime et essentiellement réalisée avec la poitrine.                       Car il est important de savoir comment on respire tous les jours !!                

Autrement dit, il faut être attentif de temps en temps à cette fonction vitale, et se rendre compte qu’elle n’est pas forcément bien réalisée.                                            

 

Nous avons tous entendu parler de la respiration par le ventre…. Pourquoi ? Comment ?                      En vérité, cette technique respiratoire de désincarcération de la partie supérieure du corps ( poitrine, dos et omoplate, épaule, cou, tête ) permet de libérer du stress chaque articulation, muscle et organe    (étant relâché profondément), ce qui améliore le fonctionnement du métabolisme (circulation sanguine, mouvement du liquide lymphatique, équilibre hormonal ), et donc la santé.          

L’image de l’inspiration et de l’expiration est celle d’un ballon que l’on rempli d'air, ce qui correspond à l’inspiration, et puis son dégonflage lent qui correspond à l’expiration.        

Autrement dit, au cours de cette inspiration, le corps doit augmenter de volume comme le ballon, et lors de l’expiration, diminuer de volume, se vider de l’air,  (l’abdomen s’enfonce vers la colonne vertébrale).                                                                                      

- Premier exercice : allongé sur le dos, les mains à plat sur le ventre, inspirez en gonflant le ventre vers le ciel, et expirez en rentrant le ventre vers le sol. Ceci lentement, 10 fois et puis plus.               

- Deuxième exercice : en position assise, le dos bien droit collé au siège, pieds bien à plat au sol, les mains sur le ventre, inspirez en gonflant le ventre vers l’avant, et expirez en rentrant le ventre vers la colonne vertébrale.                                                                                                                

- Troisième exercice : en position debout naturelle, pieds bien à plat, les mains à plat sur le ventre, même méthode respiratoire que précédemment.                                          

# Par la suite, chaque exercice d’étirement devra être effectué avec cette méthode de respiration ventrale, jusqu’à un complet relâchement du corps, pour devenir naturelle sans effort.                          

 

°° Le deuxième point, c’est de commencer à s’exercer sur des postures simples d’étirements, en inspirant lentement et en expirant encore plus lentement, de façon que le corps commence à se délier, à se dénouer, et à enfin se libérer de cette dureté musculaire et articulaire. Cela demande beaucoup de  patience et de persévérance, car il ne faut surtout pas forcer la posture à outrance, et vouloir  obtenir des résultats rapides. Dans ce cas, on n’obtient rien, et on abandonne très vite.                                       

 

°° Le troisième point, c’est d’effectuer les postures et les exercices d’étirements, sans à coups, sur un temps mini de 1mn pour débuter, et plus ensuite, au cours de sa progression.                

Le fait de tenir la posture ou d’effectuer l’exercice sur un temps assez long (plus de 1mn), permet de se rendre compte assez vite, si la partie du corps sollicitée est toujours tendue ou bien en train de s’allonger, de se relâcher,  à condition d’associer la respiration vue ci-dessus.

 

°° Le quatrième point, c’est de trouver un guide, ou un Sensei, qui vous orientera et vous aidera à progresser en corrigeant vos postures.                                             

Justement, quels sont ces exercices et postures qui permettent d’obtenir un corps plus souple, plus flexible ?   

La réponse se trouve dans les exercices de Bio énergie élaboré par AOKI Sensei.                            
- Je ne fais pas de promotion ou publicité pour ce Sensei, alors pourquoi lui ?                                

 

## Car c’est le seul Sensei de Karaté JKA qui a osé remettre en question la préparation du corps pour les entraînements. Il a pris conscience très vite que s’il voulait continuer à pratiquer le Karaté dans de bonnes conditions physiques, il devait améliorer ses propres capacités physiques, comme sa souplesse générale, changer ses habitudes de vie et de pratique du Karaté.                                   

Il a donc, après beaucoup de travaux de recherche, déplacements en Asie, lectures, élaboré sur lui-même une méthode d’exercices très particuliers, pour revitaliser le corps, redonner un nouvel élan  à son énergie naturelle, améliorer l’amplitude, la flexibilité et la vitesse des techniques de karaté.          

 

- Il transmet, maintenant, ses connaissances à un certain nombre d’élèves, (Espagnols, Allemands, Portugais, Français, dont un groupe du « Seishin » de Saint-Vincent-de-Tyrosse).                               Les résultats sont impressionnants sur lui-même et sur beaucoup d’adeptes de cette recherche.        

 

°° Cette méthode se décompose en différentes familles d’exercices pratiqués au sol, debout, effectués de façon lente ou dynamique avec une respiration adéquate, effectués seul ou avec partenaire.            Grâce à son système complet d’exercices, sur plusieurs années de travail, le corps acquiert ainsi vitalité, souplesse et vigueur, calme, sérénité, tranquillité, relaxation et équilibre.                

Comme conséquence, la fluidité de l’énergie qui nous meut continuellement est amplifiée.     

 

** Voici, en bref, ce que dit Aoki Sensei au sujet de la bio énergie :(16)                     

Dans la vie quotidienne ainsi que dans de nombreuses activités physiques (sports, arts martiaux), 

il est essentiel de percevoir, capter les informations le plus tôt possible.                                              

Il en va de même pour le bien-être corporel, ou par exemple la perception de la douleur permet d’appréhender le déséquilibre physiologique, le mauvais placement corporel à temps.                     

- Dans ces deux exemples, pouvoir réagir en conséquence, de façon adéquate et le plus rapidement possible est tout aussi essentiel.                                                                                                       

Par une pratique régulière, il devient possible d’accroître la sensibilité globale du corps,  d’améliorer et de développer l’intention par l’utilisation consciente de toutes les parties le constituant 

(os, muscles, organes,…), menant à leur unification.                                             

L’esprit de motivation qui nous anime est ainsi renforcé ainsi que les capacités de créativité, d’ingéniosité, d’intuition.                                                      

Cette méthode offre par conséquent une préparation complète à toute autre activité physique et intellectuelle (vie quotidienne, travail, sports, arts martiaux) et ceci à tout âge.                      

 

°° Le cinquième point, C’est de commencer à s’exercer sur des mouvements de Karaté qui nécessite de la vitesse, flexibilité, élasticité.                                           

Par exemple le coup de poing dit « uraken » sur le côté.  Le coup de pied devant « Maegeri ».

Puis, généraliser à beaucoup d’autres techniques avec prudence, en mettant sa conscience sur le geste, afin d’obtenir une bonne sensation sans blessures.                                 

- Grâce au relâchement, les épaules descendent, le mouvement respiratoire est au niveau de l’abdomen, les muscles étant moins tendues, ils peuvent augmenter leur allonge, et devenir plus flexibles. 

    
°° Le sixième point, c’est l’hygiène de vie par l’alimentation.                         

Chaque individu a ses préférences alimentaires, ses gourmandises, ses croyances, et donc il est difficile de remettre en question son régime alimentaire, les habitudes familiales, les traditions culinaires, l’excès alimentaire, les automatismes, les dépendances alimentaires créées par la grande distribution, l’industrie agricole et l‘élevage intensif.                                 

Par contre, une bonne hygiène de vie qui passe par une alimentation saine (autrement dit : simple et suffisante pour vivre) et une bonne hydratation favorise la souplesse des tissus, l’absence de blessures, l’absence de surcharge et de douleurs articulaires et musculaires.                    

 

« Ceci dit, beaucoup d’entre nous pensent manger sainement et modérément!! C’est une autre question !! »                                                                                 

 

L’assouplissement, le renforcement musculaire, l’alimentation saine et raisonnable, sont les garants de la prévention et d’une fonction saine de l’articulation. 

 

« la grande difficulté, c’est de savoir ce que sont, une bonne alimentation et une bonne hygiène de vie ? ».                                                             

 

- Pour exemple, les contorsionnistes professionnels sont obligés de se nourrir proprement, sans excès et le plus naturellement possible, pour éviter la surcharge et l’intoxication des articulations et des muscles.                                                             

- Autre exemple, j’ai bien connu, dans les années 1980 en région parisienne, un kinésithérapeute qui s’occupait de certains danseurs de la compagnie Béjart. Ces danseurs avaient pour obligation de mener une vie saine au point de vue alimentaire et sommeil (récupération).                                          Dans leur régime alimentaire, très peu ou pas de produits carnés, peu de sucre, sel, graisses animales. Ceci dans le but d’un bon fonctionnement du système musculaire et articulaire, du système cardio-vasculaire et respiratoire, du système lymphatique.                                                   

# Et pourtant, quelle endurance, quelle vitalité, sur la scène, lors des chorégraphies en danse moderne, c’était de véritables performances.                                     

 

- Dans les années 1975 - 1985, j’ai bien connu un médecin Français qui, après son doctorat, est parti en Chine pour étudier la médecine traditionnelle Chinoise (avec l’encouragement de son père médecin). Il étudia 8 ans sur place à Pékin. A son retour, j’ai été initié (très modestement), je me suis vite rendu compte que la nutrition et la diététique (préventive - curative) étaient fondamentales dans l’exercice de la médecine chinoise.                                                                                           

Le premier « Recueil Chinois pour nourrir la nature innée afin de prolonger la vie », a été publié entre 618 et 907 après JC, il traite, entre autres, des méthodes de prévention et d’amélioration de la santé par l’alimentation.                                                     

J’ai été aussi impressionné par la connaissance, l’efficacité et la précision des manipulations ostéo articulaires et musculaires de ce médecin.                                                                                 

 

- J’ai également connu un Chinois de haut rang, âgé, (il avait exercé des hautes fonctions dans l’armée Chinoise. Il était aussi professeur de Wushu, avec de hautes connaissances en médecine Chinoise, également musicien de très bon niveau (il donnait des conseils à un ami chef de chant, pianiste, de l’Opéra de Paris). J’ai donc appris aussi avec lui sur une courte durée.                         

Il me parlait des méthodes utilisées sur la pratique médicale chinoise.                                              

Il me parlait d’alimentation et de son influence sur la santé des articulations, organes, muscles etc.. ainsi que de l’énergie vitale qui en découlait. 

 

°° Bref, vous l’avez compris, ce que nous mettons dans notre organisme, notre estomac, notre chaudière, est un garant de notre bonne vigueur, vitalité, santé, et surtout longévité de notre corps.

(je veux dire, la capacité à maintenir, nos articulations, muscles, tendons, organes, sans oublier notre fonctionnement cérébral majeur, en bon état de fonctionnement, le plus longtemps possible). 

 

°° Quant à ceux qui sont en surpoids et ceux qui ont une nourriture inadaptée (trop industrielle) au bon fonctionnement de l’organisme, qu’ils n’espèrent pas avoir une musculature élastique et flexible.

Si vous espérez, vous allez être déçu, car c’est du domaine de l’utopie, et de l’illusion.         

 

°° Surtout, sortons des stéréotypes de genre comme : les légumes c’est pour les filles !!                        Où bien : celles et ceux qui considèrent que la vieillesse est synonyme d’embonpoint. Consternant !     - Exemple : ce n’est pas bon de vieillir me dit une personne, en parlant de son mari obèse !             

Où bien : un chien ou un chat est en surpoids, voire obèse, c’est normal il est âgé !!                       Encore… cette personne qui, se touchant le ventre, pense qu’elle devrait faire du sport pour maigrir. Je lui réponds que le sport lui ferait le plus grand bien (mais quel sport ??)  et que le plus efficace pour maigrir c’est de manger moins et mieux !!   Silence…….  « sujet tabou !! »                                         Alors que faire ?….                                                                            

 

- Il faut commencer par désintoxiquer ou détoxifier votre organisme, autrement dit le purifier, pour qu’il évacue tous les déchets et poisons, dans les articulations, muscles et tendons, organes, faire baisser la glycémie, éliminer le trop-plein calorique, etc….  autrement dit, maigrir et repenser sa façon de se nourrir simplement et surtout modérément.                                     

Cela peut prendre plusieurs mois, voire plusieurs années, en fonction des individus.            

Sur une vie humaine, ce n’est pas une perte de temps, car le résultat vous permettra de revivre des sensations perdues, vous vivrez un renouveau, une véritable renaissance, une liberté retrouvée. 

Alors courage !!!                    

 

°° Il ne faut pas confondre l’énergie vitale, naturelle, grâce à une bonne hygiène de vie, un corps non encombré, non surchargé, avec l’énergie artificielle, autrement dit la nervosité, l’irritabilité,  

les gestes et comportements vifs et quelquefois incontrôlés.                                                               Dans ce cas on est dans un état de stress, (parfois chronique, mais ces personnes vivent avec…)   

et non dans l’énergie vitale emprisonnée dans cette cage au fil d’acier, (ce corps prisonnier de ses propres chaînes mentales et physiques) qui ne demande qu’à retrouver sa liberté, sans artifices, ni méthodes modernes, naturellement, tout simplement. 

C’est ce que l’on appelle le souffle vital…

 

 

** Les trois formes d’efficacité dans la vie d’un pratiquant « selon Kanazawa Sensei » (17)              

 

Il y a trois pouvoirs en karaté, trois formes d’efficacité.                                                                  

 

On découvre d’abord l’efficacité musculaire. Avant quarante ans, c’est le plus important.         

C’est la mécanique du corps, le bon placement, la bonne utilisation de nos moyens physiques, musculaires, articulaires.


Ensuite, après quarante ans, c’est le pouvoir des organes internes qui devient le plus important.

Notre karaté devient organique. Le geste s’accorde à la respiration, on commence à maîtriser les manifestations viscérales de la jeunesse, le mal de ventre quand on a peur, le coeur qui bat devant une belle femme.

On est capable de se calmer, de « s’auto-hypnotiser », les techniques évoluent en fonction de cette maîtrise nouvelle.


Enfin, après soixante ans, on entre dans la période où le pouvoir de l’esprit domine.                      

La volonté est forte, le geste est directement lié à la pensée, sans que rien ne se mette entre les deux. L’action suit l’intention naturellement.                                                                                 

C’est pourquoi le budo peut nous accompagner toute notre vie.

 

 

** La vision du karaté de Kanazawa Sensei (18) implique les notions d’harmonie et d’équilibre.   Harmonie dans les gestes, entre les pieds et les mains, entre la respiration et le mouvement, entre les forces exprimées dans les techniques.                                                                                                   Entre le Ciel (Ten) et la Terre (Chi), l’homme (Jin) doit trouver son point de gravité.          

L’univers fonctionne parfaitement, l’homme doit travailler pour accomplir l’harmonisation entre le Ciel et la Terre en lui-même, pour trouver son point d’équilibre.                                                  

Pour comprendre le karaté, il faut comprendre l’univers.                                                                   

Le karatéka doit être comme le sapin (sho), immuable dans sa couleur et sa forme tout au long des saisons et des circonstances.


Pour aller vers cette harmonie et cette compréhension, on peut pratiquer la méditation par exemple, ce que je fais. Mais on peut commencer par s’entraîner beaucoup et bien respirer.                     

C’est une dimension très profonde, la respiration.                                                                               Pour comprendre, il faut s’inspirer de la nature. Voir comment les animaux grognent, rugissent dans certaines circonstances. Il y a le rire, qui est une façon spectaculaire de sortir le souffle, il y a la respiration des enfants… c’est compliqué !!!

                               
° C’est dans la période d’épidémie mondiale de 2020, que le chef instructeur de la JKA au japon Ueki  Sensei, a écrit aux organisations JKA dans le monde.  Il dit ceci :                                       

« On nous a appris que nous pouvons développer la force mentale et le corps physique grâce à l'entraînement qui surmonte le défi tangible et intangible du karaté.                                                 

Je pense que cette période d'urgence est le moment où la véritable valeur de la formation est testée. Sur la base de cet enseignement, travaillons ensemble en gardant l'autodiscipline et une attitude modérée et en étant un modèle pour les gens ». 

Masaaki  Ueki   (Shuseki-Shihan)                                            

« Japan Karaté Association » (19)

Alain BEDY.